entretienMathieu Sapin, auteur avec Lewis Trondheim et Frantico de 'MKM, Mega-Krav-Maga' Au début, tout va bien pour Mathieu Sapin et Frantico. Invités à Lisbonne, ils participent à un festival de bande dessinée. Mais à partir de leur rencontre avec un adepte du Mega-Krav-Maga, un sport de combat dérivé du krav-maga, leur séjour va prendre une autre tournure. Les deux auteurs devront affronter les situations les plus surréalistes pour rester en vie. A l’origine de ce projet, Lewis Trondheim a proposé à Frantico (fortement soupçonné d’être également Trondheim…) et à Mathieu Sapin de travailler sur cette aventure délirante en deux volumes. Mathieu Sapin nous présente le ‘mega-krav-maga’, une école du krav-maga, inventée par Lewis Trondheim.
extraits pages 30 et 33 'MKM, mega-krav-maga', t1 de Lewis Trondheim, Mathieu Sapin, Frantico. Delcourt
Comment est née cette histoire ? Trondheim a eu l’idée de faire un bouquin en regardant un reportage sur le krav-maga. Il a déliré sur ce sport de combat et il a proposé à Frantico et moi de participer à ce projet. Je suis toujours partant pour de nouvelles expériences, et du coup, c’était très particulier comme méthode de travail. Il y avait un mélange de contraintes et de beaucoup d’amusements. Frantico écrivait quelques pages, je prenais la suite, et il continuait, etc... C’est entre le cadavre exquis et le pingpong. Les rebondissements étaient évidemment suggérés par les planches de l’autre. C’est très agréable de devoir faire une contre-proposition. L’idée est aussi de toujours faire marrer l’autre et nous surprendre. Ces pages étaient faites très vite, mais par intervalles. Nous faisions par exemple cinquante pages et ensuite plus rien pendant six mois, avant de nous revoir. C’est une progression assez inhabituelle. Ce boulot a commencé il y a deux ans. Le début est crédible, et d’un coup l’histoire devient délirante… J’avais apprécié ‘Cloverfield’, un film conseillé par Riad Sattouf. Les vingt premières minutes racontent une histoire de fête entre teenagers, avec une belle histoire d’amour. On rentre dans le film en s’attachant aux personnages. Et à un moment, un monstre débarque dans New York, et ça part tout à fait vers autre chose. J’avais trouvé ça génial. J’avais un peu ça en tête en partant d’une ‘ BD blog’ classique où on raconte notre quotidien. L’idée était d’écrire sur une base un peu réaliste en partant des endroits où nous étions, ensuite l’histoire est partie dans un délire dans l’esprit de films à suspens, en jouant sur les rebondissements. Nous nous sommes vraiment retrouvés dans des endroits exotiques comme Pondichéry, Calcutta, Buenos Aires… C’était important d’aller sur place ? C’est agréable de travailler à l’étranger pour susciter l’imagination, même si ce n’est pas une bande dessinée où il y a beaucoup de décors. Mais nous n’aurions pas pu imaginer de nombreux détails sans aller sur place. Par exemple, j’étais invité à Pondichéry. J’avais été marqué par des poubelles. Elles ont la forme de lapin pour inciter les gens à jeter leurs ordures dedans. J’ai réutilisé ça dans la BD pour imaginer des gens qui utilisent les poubelles comme un lieu de camouflage. Si je n’avais pas vu ça sur place, je ne l’aurais pas inventé.
'MKM' (Mega-Krav-Maga) Lewis Trondheim, Mathieu Sapin, Frantico Delcourt et aussi...
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